Ce que nos histoires familiales laissent en nous.
Dernière mise à jour : 6 sept.
Cette semaine, une série m’a accompagnée : Le chemin de l’olivier.
Et je vais te dire quelque chose que je trouve important : une œuvre n’a pas besoin d’être parfaite pour déposer en nous une idée précieuse.
Celle-ci en porte une qui touche directement à mon métier : la manière dont nos histoires familiales continuent parfois de vivre en nous, bien après les générations qui les ont traversées.
Un olivier peut vivre des centaines d’années. Ce qui le tient debout ne se voit pas toujours : ses racines plongent profondément dans la terre, anciennes, solides, invisibles.
Nous fonctionnons parfois un peu ainsi.
Ce qui nous porte, ce qui nous construit, et parfois aussi ce qui nous retient, plonge dans une histoire qui ne commence pas avec nous.
Une peur de manquer alors que, concrètement, tout va bien.
La conviction qu’il faut toujours être fort.
Cette difficulté à demander de l’aide.
À recevoir.
À se reposer sans culpabiliser.
À réussir davantage que ceux qui nous ont précédés.
À choisir autrement que sa famille.
Et parfois cette sensation étrange qu’en allant mieux, en gagnant plus, en étant plus libre ou simplement en vivant autrement, on trahirait quelque chose ou quelqu’un.
D’où viennent ces sensations ?
Pas forcément d’un événement précis.
Et certainement pas toujours d’un mystérieux « héritage émotionnel » que nous porterions intact à travers les générations.
Mais nous grandissons dans des familles qui ont elles-mêmes une histoire.
Des histoires de manque, parfois.
De guerre. D’exil. De deuil. De silence. De réussite ou d’échec. De sacrifices. De rôles attribués à chacun. De choses dont on parlait beaucoup… et de choses dont on ne parlait jamais.
Tout cela façonne une manière de vivre.
Une manière d’aimer. De protéger. De se méfier. De parler de l’argent. De montrer ou de cacher ses émotions. De considérer le travail, le couple, le devoir, la réussite ou la liberté.
Et cette manière de vivre, les enfants l’apprennent bien avant de pouvoir l’analyser.
Ce qui se transmet ne passe pas seulement par les mots
Une famille transmet évidemment des histoires et des phrases.
« Chez nous, on ne se plaint pas. »« Il faut travailler dur pour mériter. »« On ne peut compter que sur soi. »« L’argent ne fait pas le bonheur. »« Les hommes sont comme ça. »« Une bonne mère doit se sacrifier. »
Mais elle transmet aussi par ce qu’elle montre.
Par la façon dont les adultes réagissent au danger.
Par la manière dont ils gèrent un conflit.
Par le silence qui s’installe lorsqu’un sujet apparaît.
Par ce qui est permis ou interdit.
Par les rôles que chacun finit par occuper.
Et parfois, nous continuons à jouer ces rôles longtemps après avoir quitté la maison.
C’est notamment ce que certaines approches transgénérationnelles cherchent à explorer : les répétitions, les loyautés, les scénarios et les représentations familiales qui continuent d’influencer notre manière de vivre aujourd’hui.
Non pas pour expliquer toute notre vie par nos ancêtres.
Mais pour nous demander :
Est-ce que cette manière de fonctionner m’appartient encore ?
Quand une réaction semble plus grande que la situation
C’est souvent là que le travail devient intéressant.
Pourquoi cette question d’argent provoque-t-elle autant d’angoisse alors que la situation actuelle est stable ?
Pourquoi est-il si difficile de poser une limite ?
Pourquoi cette personne se sent-elle coupable dès qu’elle ne s’occupe pas des autres ?
Pourquoi le repos ressemble-t-il presque à une faute ?
Parfois, la réponse se trouve dans l’histoire personnelle.
Parfois dans ce que l’on a appris en observant sa famille.
Et parfois les deux sont tellement imbriqués qu’il est inutile de chercher à les séparer à tout prix.
L’essentiel est plutôt d’observer ce que cette histoire produit aujourd’hui.
Ce que je regarde dans BIEMENCRE®
C’est aussi de cette manière que j’aborde les histoires familiales dans mon approche BIEMENCRE®.
Pas comme une fatalité.
Et pas comme une explication automatique de tout ce qui nous arrive.
Mais comme une partie de l’ensemble.
Parce que ce que nous avons appris peut se retrouver à plusieurs niveaux.
Dans le corps, par exemple lorsqu’il réagit très rapidement à certaines situations de tension ou d’insécurité.
Dans les émotions, lorsque certaines situations réveillent une peur, une honte ou une culpabilité dont l’intensité semble disproportionnée.
Dans le mental, avec ces phrases qui tournent parfois depuis des années sans que nous nous demandions vraiment d’où elles viennent.
Et dans l’ancrage, cette question très profonde de notre place : dans notre famille, dans notre histoire, dans notre vie actuelle, et dans ce que nous voulons transmettre à notre tour.
Alors, que faire de ce que l’on découvre ?
La première étape est souvent très simple :
regarder.
Sans accuser.
Sans chercher immédiatement un responsable.
Sans transformer chaque difficulté actuelle en conséquence d’un événement survenu trois générations plus tôt.
Observer seulement.
Cette phrase, est-ce vraiment la mienne ?
Cette peur correspond-elle à ma vie d’aujourd’hui ?
Pourquoi ai-je appris qu’il fallait toujours faire ainsi ?
Qu’est-ce qui se passerait si je choisissais autrement ?
La prise de conscience ne transforme pas toujours immédiatement un mécanisme.
Mais elle crée quelque chose d’essentiel :
une possibilité de choix.
Ce qui était jusque-là automatique devient visible.
Et lorsqu’un mécanisme devient visible, nous pouvons commencer à nous demander s’il nous est encore utile.
Une question à emporter avec toi
Cette semaine, tu peux simplement observer une chose :
Quelle phrase, quelle habitude ou quelle peur reconnais-tu comme venant, au moins en partie, de ton histoire familiale ?
Pas pour la rejeter.
Parce que certaines transmissions nous soutiennent profondément.
Elles nous donnent des valeurs, de la force, une capacité à tenir, une manière d’aimer, de créer, de travailler, de prendre soin des autres.
Mais d’autres appartenaient peut-être davantage au monde dans lequel vivaient ceux qui nous ont précédés qu’à celui dans lequel nous vivons aujourd’hui.
Et c’est là que le travail devient intéressant :
distinguer ce que nous voulons transmettre de ce que nous pouvons arrêter de porter.
Si tu veux aller plus loin, c’est précisément l’un des chemins que j’explore dans mon atelier « La Conscience et les Programmations ».
Nous y regardons comment certaines programmations se construisent, comment elles continuent d’agir dans la vie quotidienne et comment commencer à retrouver davantage de choix face à ce qui fonctionnait jusque-là automatiquement.
L’atelier se suit en autonomie, à votre rythme, avec un accès pendant deux mois.
Ton histoire familiale t’a donné des racines.
Mais des racines ne décident pas seules de ce que l’arbre va devenir.
Et toi, quelle empreinte de ton histoire familiale reconnais-tu aujourd’hui ?
Avec toi, Sylvie





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