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Santé mentale : et si on pouvait agir en amont ?

5 oct.
5 min de lecture

Pour la Journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre, un regard sur l'épuisement : comment il s'installe, ce que le corps dit tôt, et comment rester en bonne santé.


Le 10 octobre, c'est la Journée mondiale de la santé mentale. En Wallonie et à Bruxelles, toute la semaine du 5 au 11 octobre lui est consacrée. Spontanément, l'expression « santé mentale » fait penser aux troubles, aux arrêts, aux consultations d'urgence. Je te propose de la regarder depuis l'autre rive : celle où l'on est encore en forme. Une part de notre santé se joue pourtant chaque jour, dans nos rythmes et dans la façon dont nous écoutons nos signaux.

Dès 1946, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) définissait la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social » qui « ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Aujourd'hui, elle décrit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet d'affronter le stress de la vie, de s'épanouir, d'apprendre, d'exercer son activité et de contribuer à la vie de la communauté.

La médecine chinoise classique le formulait il y a plus de deux mille ans. Dans le Huangdi Neijing, le sage prend soin de ce qui est encore en bonne santé, plutôt que de ce qui est déjà malade. Mon métier se situe exactement là : en amont, aux côtés de ton médecin, pour t'aider à rester en bonne santé.


Ce que montrent les chiffres en Belgique

Les données de l'INAMI, publiées fin août 2026, montrent l'ampleur de ce qui se passe en aval. Parmi les personnes en incapacité de longue durée, les cas de dépression et de burn-out ont augmenté de 32 % entre 2021 et 2025. Les troubles psychiques représentent 38 % des incapacités de longue durée, et la dépression et le burn-out en constituent plus de 71 %. Sept personnes sur dix concernées sont des femmes, et la hausse est plus forte chez les indépendants.

Ce dernier chiffre parle d'engagement. Quand on porte son activité soi-même, le métier passe facilement avant le corps, et les signaux de fatigue attendent leur tour. Le proverbe le dit simplement : qui veut voyager loin ménage sa monture. Repérer tôt ses propres signes, s'écouter, se garder une place à côté de son métier : c'est là que commence la prévention, pour chacun et chacune.

Une étude antérieure de l'INAMI (2024) ajoute un chiffre parlant : 55 % des incapacités liées à un burn-out se prolongent au-delà d'un an et passent en invalidité.

Ces chiffres ont leurs limites. Ils comptent les incapacités reconnues, donc la partie visible de l'épuisement : celles et ceux qui continuent en serrant les dents restent hors des statistiques. Ils décrivent une tendance, dont les causes restent à éclairer. Ils disent surtout une chose : quand l'épuisement est reconnu, il est souvent installé depuis longtemps.


Le corps parle en premier

L'OMS décrit le burn-out comme le résultat d'un stress professionnel chronique, resté mal géré. Elle le range parmi les phénomènes liés au contexte professionnel, à côté des maladies plutôt que parmi elles. Le mot important, c'est « chronique » : l'épuisement s'installe par couches successives.

Les premières couches sont souvent physiques. La Haute Autorité de santé française (HAS) cite parmi les manifestations de l'épuisement professionnel : fatigue, sommeil perturbé, douleurs du dos et de la nuque, maux de tête, vertiges, perte d'appétit, troubles digestifs. Pris un par un, ces signaux semblent banals. Ensemble et dans la durée, ils forment un message.

La HAS recommande aussi un bilan somatique pour rechercher une cause organique associée. Une fatigue persistante peut venir d'une anémie, d'une thyroïde ralentie ou d'un déséquilibre de la glycémie : la numération sanguine, la TSH et la glycémie font partie des premiers examens habituellement demandés.

C'est le point de départ de mon approche BIÉMENCRE® : avant tout regard émotionnel, je propose un bilan biologique, réalisé avec ton médecin. C'est un état des lieux du terrain. Il permet de reconnaître ce qui relève du corps avant d'explorer le reste, et il garde toute sa valeur quand tout va bien : c'est là qu'il sert de repère.


Ce que l'émotion signale

Viennent ensuite les signaux émotionnels : irritabilité, tension diffuse, hypersensibilité, tristesse ou manque d'entrain. L'OMS en décrit un en particulier : une distance qui se creuse avec son activité, un regard plus cynique ou plus négatif sur ce que l'on fait.

J'y lis souvent le moment où un métier, qui nourrit, devient un travail, qui use. Ce glissement se fait en silence, d'une semaine chargée à l'autre. Le repérer tôt, c'est se donner la possibilité de réajuster avant d'en arriver au bout.


Comprendre pour agir plus tôt

L'OMS retient trois dimensions pour décrire le burn-out : l'épuisement de l'énergie, la distance mentale avec son activité, et la baisse du sentiment d'efficacité. Les connaître aide à se situer. Elles décrivent un phénomène, et le diagnostic appartient au médecin : les mêmes signaux peuvent relever d'une anxiété, d'une dépression ou d'une cause physique, d'où l'importance de consulter.

Agir en amont, c'est agir pendant que ces trois dimensions restent légères : quand la fatigue cède encore au repos, quand l'envie est encore là, quand le sentiment d'efficacité vacille à peine.


Ce que tu peux faire dès cette semaine

  1. Fais un état des lieux sur sept jours. Note chaque soir ton énergie, ton sommeil et les tensions de ton corps, sur une échelle de 1 à 10.

  2. Fais le point avec ton médecin. Si ton dernier bilan sanguin date de plusieurs années, c'est une bonne semaine pour le programmer.

  3. Repère ce qui nourrit et ce qui use. Deux colonnes, cinq lignes chacune, pour ta semaine écoulée.

  4. Installe un geste quotidien de régulation. Trois fois cinq minutes de cohérence cardiaque par jour, par exemple, comme un entraînement plutôt qu'un secours.

  5. Parle tôt. À ton médecin, à un proche, à une personne qui accompagne : un signal partagé tôt reste plus simple à entendre.


Pour aller plus loin

L'ebook offert « Comment éviter le burn out ? » te donne 7 clés pour reconnaître les signes et protéger ton énergie avant l'épuisement.

Si tu veux faire le point sur ta situation, en commençant par le corps, « Une rencontre, simplement » est une visio de 30 minutes (49 €) pour poser une vraie question et repartir avec une vraie réponse.


À partager à quelqu'un qui aurait aussi besoin de le lire.


Avec toi, Sylvie.



Sources

 
 
 

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