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La méditation.

29 juil.
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 sept.

Un entraînement de l'esprit.


Vous avez peut-être déjà essayé.

Vous vous êtes assis, vous avez fermé les yeux, porté votre attention sur votre respiration… et quarante secondes plus tard, vous pensiez aux courses, à cette phrase entendue hier, à ce message auquel vous n’avez pas répondu ou simplement à l’heure qu’il pouvait bien être.

Et vous en avez peut-être conclu :

« La méditation, ce n’est pas pour moi. Mon cerveau pense trop. »

C’est probablement l’un des plus grands malentendus autour de la méditation.

Parce que l’esprit qui part n’est pas le problème de l’exercice. Il en est le matériau.

Méditer, c’est revenir

Au départ, vous choisissez simplement un point d’attention.

La respiration. Les sons autour de vous. Les sensations dans les pieds. Le contact du corps avec le fauteuil. Le mouvement du ventre.

Vous êtes là.

Puis, quelques secondes plus tard, votre esprit est ailleurs.

Une pensée. Un souvenir. Une anticipation. Une conversation imaginaire.

Et, à un moment, vous vous en rendez compte.

Alors vous revenez.

C’est tout.

Et c’est déjà beaucoup.

Ce retour est la pratique.

Pas le silence parfait.Pas l’absence de pensées.Pas un état étrange qu’il faudrait réussir à atteindre.

Une séance de dix minutes peut contenir vingt, trente ou cinquante retours.

Ils ne signifient pas que vous avez « raté » votre méditation.

Ils sont votre méditation.

Avec le temps, quelque chose change progressivement. Les pensées continuent d’apparaître, parce qu’un cerveau vivant produit des pensées. Mais vous commencez à moins vous confondre avec elles.

Vous remarquez davantage :

« Tiens, je suis en train de repartir là-dedans. »

Et cette petite prise de distance change déjà beaucoup de choses.

Voilà pourquoi je parle d’entraînement

La méditation ressemble davantage à un entraînement qu’à une technique de relaxation.

On répète un geste intérieur.

L’attention part. On s’en aperçoit. On revient.

Puis elle repart.

Et on revient encore.

Comme un musicien répète un geste ou un sportif entraîne un mouvement, on développe progressivement une capacité attentionnelle.

Les neurosciences s’intéressent depuis plusieurs décennies aux effets de cette pratique répétée. Des travaux menés notamment auprès de méditants très expérimentés, comme Matthieu Ricard, ont montré des profils d’activité cérébrale particuliers pendant certaines pratiques méditatives.

Mais il faut garder une chose en tête : ces personnes avaient parfois derrière elles des dizaines de milliers d’heures de méditation.

Elles ne constituent donc pas une promesse de ce qui arrivera après deux semaines de pratique.

Ce que la recherche suggère plus raisonnablement, c’est que l’entraînement méditatif peut modifier certaines habitudes attentionnelles, émotionnelles et cognitives. C’est l’un des visages de la neuroplasticité : notre cerveau reste capable de s’adapter à ce que nous pratiquons régulièrement.

Et cela vaut aussi pour notre manière de porter attention à ce qui se passe en nous.

Ce que l’on entraîne réellement

Imaginez une pensée qui revient depuis trois jours.

Vous la retrouvez sous la douche, en voiture, avant de dormir. Vous ne choisissez même plus vraiment d’y penser : elle se présente et vous entraîne avec elle.

La méditation ne vous apprend pas à empêcher cette pensée d’exister.

Elle vous apprend progressivement à reconnaître :

« Je suis reparti dedans. »

Et à revenir ailleurs.

À votre respiration. À votre corps. À ce que vous êtes réellement en train de faire.

Cette différence paraît minuscule.

Elle ne l’est pas.

Parce qu’entre une pensée et le fait de la suivre existe parfois une toute petite marge de liberté.

Et c’est cette marge que la pratique peut aider à élargir.

Il n’existe pas une seule méditation

Le mot « méditation » rassemble en réalité des pratiques très différentes.

Il y a les méditations d’attention focalisée, où l’on revient continuellement vers un point d’ancrage comme la respiration.

Les méditations guidées, dans lesquelles une voix accompagne la pratique.

Les visualisations, qui utilisent volontairement des images mentales.

Les pratiques de bienveillance, qui développent une certaine qualité de regard envers soi et envers les autres.

Le scan corporel, qui déplace progressivement l’attention à travers le corps.

Et puis il y a la méditation en mouvement : marcher lentement, sentir les appuis, observer le corps qui avance.

Cette diversité est importante parce que tout le monde n’entre pas dans la méditation par la même porte.

Pour une personne dont l’esprit est très agité, rester vingt minutes en silence les yeux fermés peut être extrêmement difficile.

Une pratique guidée, un scan corporel ou quelques minutes de marche consciente peuvent être beaucoup plus accessibles.

Il ne s’agit pas de choisir la pratique la plus « pure ».

Il s’agit de trouver celle qui permet réellement de pratiquer.

Comment je l’enseigne

Lorsque j’intègre la méditation dans un accompagnement, nous commençons généralement de manière très concrète.

Comment s’installer sans transformer la posture en épreuve physique ?Où poser son attention ?Que faire lorsque l’esprit part ?Que faire si une émotion monte ?Faut-il fermer les yeux ?Combien de temps pratiquer ?Et surtout : comment intégrer cela dans une vraie journée ?

Nous essayons.

Puis nous ajustons.

Parce qu’une pratique qui fonctionne très bien pendant une séance ne sert à rien si elle est impossible à intégrer ensuite dans votre quotidien.

Et ce que j’observe le plus souvent, c’est que les pratiques les plus simples sont celles qui durent.

Cinq minutes après le café.

Sept minutes avant de se coucher.

Quelques respirations conscientes avant d’ouvrir l’ordinateur.

Il vaut généralement mieux une petite pratique réellement répétée qu’un programme ambitieux abandonné après dix jours.

La régularité compte davantage que la performance.

Et certains jours seront agités, décousus, inconfortables.

Ils comptent aussi.

Pourquoi j’utilise la méditation dans mes accompagnements

Pour trois raisons principales.

Parce qu’elle rend autonome

Un accompagnement a un début et une fin.

La méditation, elle, peut rester.

Vous n’avez besoin de personne pour revenir à votre respiration pendant trois minutes, observer une émotion ou remarquer qu’une pensée vous emporte.

Et cette autonomie est centrale dans ma manière de travailler : l’objectif n’est pas que vous ayez toujours besoin d’un accompagnement, mais que vous repartiez progressivement avec vos propres outils.

Parce qu’elle crée un espace avant la réaction

Une émotion monte très vite.

La colère apparaît et, parfois, la phrase est déjà sortie avant que nous ayons compris ce qui se passait.

La méditation entraîne justement cette capacité à remarquer plus tôt.

Une chaleur dans le ventre. Une tension dans la mâchoire. Une accélération. Une pensée qui démarre.

Ce petit temps entre ce qui se passe et ce que nous faisons ensuite peut ouvrir une possibilité :

répondre plutôt que réagir automatiquement.

Au début, cet espace est minuscule.

Puis il devient parfois plus accessible.

Parce qu’elle ramène vers le corps

Beaucoup de personnes vivent presque entièrement dans leur tête.

Elles analysent. Anticipent. Rejouent. Préparent. Commentent.

Pendant ce temps, le corps donne déjà énormément d’informations.

La respiration s’est raccourcie.Les épaules sont remontées.Le ventre s’est noué.Une fatigue apparaît.

La méditation aide à retrouver ce langage-là.

Non pour interpréter chaque sensation, mais simplement pour recommencer à l’entendre.

Dans quelles situations peut-elle être utile ?

Je l’utilise notamment dans le travail autour du stress, de l’anxiété, des ruminations, du sommeil ou des périodes où tout va trop vite.

Elle peut également accompagner certains vécus douloureux ou chroniques, non pas pour supprimer la douleur, mais pour travailler la relation que l’on entretient avec les sensations et avec les réactions qu’elles déclenchent.

Et elle est souvent très intéressante après un travail plus profond.

Quelque chose s’est déplacé pendant une séance.

La pratique régulière permet alors de continuer à entretenir cette capacité à observer, à revenir et à ne pas retomber automatiquement dans les mêmes mécanismes.

Mais la méditation n’est pas toujours anodine

C’est important de le dire.

La recherche sur la méditation est abondante, mais tous les travaux n’ont pas la même qualité et les effets observés sont généralement modestes à modérés.

Des programmes structurés de pleine conscience ont montré des bénéfices dans différents contextes, notamment autour du stress, de l’anxiété et de la prévention de certaines rechutes dépressives.

Cela ne signifie pas que méditer quelques minutes résout tout.

Et cela ne signifie surtout pas que davantage de méditation est toujours préférable.

Chez certaines personnes, le silence et l’attention portée aux sensations peuvent faire remonter des émotions ou des souvenirs difficiles.

Cela peut notamment arriver dans certaines histoires traumatiques ou périodes de grande vulnérabilité.

Dans ces cas-là, on adapte.

On garde les yeux ouverts.On raccourcit la pratique.On s’ancre dans l’environnement plutôt que dans les sensations internes.On écoute les sons.On sent les pieds sur le sol.Et parfois, on ne médite tout simplement pas à ce moment-là.

La pratique doit rester au service de la personne.

Jamais l’inverse.

Sa place dans BIEMENCRE®

La méditation rejoint très naturellement ma manière de travailler parce qu’elle touche plusieurs dimensions à la fois.

Le corps, en ramenant l’attention vers les sensations.

L’émotion, que l’on apprend progressivement à observer sans devoir immédiatement la fuir ou agir dessus.

Le mental, dont on découvre les mouvements, les automatismes et les habitudes.

Et cette capacité à revenir, encore et encore, à ce qui est là maintenant.

C’est finalement peut-être cela que la méditation entraîne le plus profondément :

ne pas empêcher l’esprit de partir, mais apprendre à retrouver le chemin du retour.

Mon atelier Le stress par la pleine conscience permet d’aller plus loin : comprendre le fonctionnement du stress, observer ce qui l’alimente, apprendre à réguler davantage le système nerveux et installer progressivement une pratique adaptée à votre quotidien.

Je reçois en cabinet à Châtelet et à Bois-de-Villers (Profondeville), et j’accompagne également en ligne dans toute la francophonie.

Avec vous,Sylvie


 
 
 

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