T'es-tu déjà demandé ce qu'était ta conscience ?
- sylviegoffartet4
- 18 juil.
- 4 min de lecture
C'est une question que l'on traverse une vie entière sans jamais la poser. Nous passons nos journées à penser, à ressentir, à décider — et le fait même de vivre tout cela depuis l'intérieur reste hors de notre regard. Comme un poisson qui vit dans l'eau et découvre l'eau en dernier.
Puis un jour, la question surgit. Souvent au bord d'un seuil : une perte, un vertige, une nuit d'insomnie, un livre qui tombe entre les mains au bon moment. Et l'on réalise que la chose la plus intime que nous possédons est aussi la plus mystérieuse.
Cette semaine, je partageais ma lecture de Cette vie et au-delà, de Christophe Fauré. Ce texte prolonge la question qu'il a laissée ouverte.
Ce que la science cherche aujourd'hui
Il existe aujourd'hui cinq grandes manières d'aborder la conscience dans la recherche, et elles cohabitent.
L'approche neuroscientifique classique considère la conscience comme une production du cerveau. Les réseaux neuronaux s'activent, l'information circule, et de cette activité émerge l'expérience subjective. C'est le cadre dominant, et il a produit des découvertes considérables.
L'approche quantique interroge l'infiniment petit. Certains chercheurs explorent l'idée que des phénomènes quantiques joueraient un rôle dans les processus conscients, à des échelles où la physique classique atteint ses limites.
L'approche des états modifiés de conscience part d'un constat simple : la conscience se déploie comme un spectre, plutôt que comme un interrupteur. Hypnose, méditation profonde, rêve lucide, transe — chaque état révèle une facette différente de ce que nous appelons « être conscient ».
L'approche philosophique et transdisciplinaire retourne la question. Et si la conscience était fondamentale, au même titre que l'espace ou le temps ? Une propriété première de l'univers, plutôt qu'un produit tardif de la matière.
L'approche technologique demande enfin si la conscience pourrait être recréée, simulée, ou modifiée — une question que l'intelligence artificielle rend chaque année plus concrète.
Cinq chemins, cinq cadres, et une même honnêteté au bout : la recherche reconnaît aujourd'hui l'étendue de ce qui reste à découvrir. Et pourtant, nous pensons. Nous ressentons. Nous sommes là.
Le point où la science touche sa frontière
Un domaine particulier concentre l'attention des chercheurs depuis une trentaine d'années : les expériences vécues au seuil de la mort.
Le cardiologue Pim van Lommel a suivi, dans plusieurs hôpitaux, des patients réanimés après un arrêt cardiaque. Près d'un sur cinq gardait le souvenir d'une expérience — vécue à l'instant précis où le cœur s'était arrêté. Son étude a paru dans l'une des plus grandes revues médicales, et les explications habituelles — effet des médicaments, manque d'oxygène, réaction de peur — se sont révélées insuffisantes pour en rendre compte. D'autres chercheurs poursuivent ce travail avec la même rigueur, comme le psychiatre Bruce Greyson ou le neurologue Steven Laureys.
Un fait continue de déconcerter. Cette conscience rapportée est lucide, ordonnée, structurée, riche en détails — au moment même où l'activité cérébrale s'effondre. Certains y lisent le signe d'une conscience qui déborde le cerveau. D'autres, un ultime sursaut de la matière. La question demeure grande ouverte, et c'est précisément ce qui la rend féconde.
Christophe Fauré avance une hypothèse, avec prudence, à partir des milliers de témoignages qu'il a rassemblés. Et si le cerveau, plutôt que de fabriquer la conscience, la captait — comme un poste de radio capte une onde qui existe indépendamment de lui ? La mort du corps deviendrait alors le silence du poste, tandis que l'onde poursuivrait son chant.
Rien de tout cela relève de la certitude. Et quelque chose, ici, appelle à regarder plus loin.
Pourquoi cette question change quelque chose au quotidien
Voilà où je veux en venir, parce que c'est le cœur de ma pratique.
Cette question, aussi vaste soit-elle, produit des effets très concrets sur la manière de vivre ses journées.
Spinoza l'a formulé avec une acuité qui reste intacte : les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes qui les déterminent. Nous fonctionnons largement en pilote automatique. Nos pensées viennent de programmations que nous avons reçues — familiales, culturelles, sociales, biologiques, systémiques. Une pensée déclenche une émotion, l'émotion produit une réponse hormonale, et cette réponse façonne notre expérience du monde.
Deux personnes vivent la même situation. L'une pense « je vais échouer », son corps libère du cortisol, et son énergie se contracte. L'autre pense « quelque chose s'ouvre ici », son corps libère de la dopamine, et son énergie se déploie. Même événement, deux réalités vécues.
Devenir conscient de ce mécanisme, c'est retrouver l'espace où un choix redevient possible. Le cerveau se reconfigure en permanence en fonction de nos expériences — c'est la neuroplasticité. Une croyance installée depuis l'enfance peut se réécrire, à condition d'abord de la voir.
Et cette conscience individuelle circule. Nos neurones miroirs captent en permanence ce que vivent les personnes autour de nous : une tension dans une voix, le rythme d'une respiration, la qualité d'une présence. La peur se propage. La paix aussi.
C'est exactement le sens de ma mission : être bien avec soi pour être bien dans le monde. Quand tu apaises tes propres peurs, tu cesses d'en diffuser autour de toi. Quand tu vis dans l'acceptation, tu deviens un point de calme dans un champ collectif souvent agité.
Le quatrième pilier : l'anCRage
Dans mon approche BIEMENCRE™, cette question habite le quatrième pilier — l'anCRage.
Après le BIOlogique, qui écoute le terrain du corps. Après l'Émotionnel, qui accueille ce que les émotions viennent signaler. Après le MENtal, qui reconnaît les automatismes de la pensée. Vient ce qui te tient debout : ce qui te relie, ce qui donne sens, et cette essence qui t'habite depuis avant que tu saches ton nom.
Le mot porte son autre sens, et il est volontaire : l'encre. Ce qui s'écrit, ce qui laisse trace, ce qui devient tien.
Poser la question de ta conscience allège quelque chose. Elle ouvre de l'espace là où la certitude enfermait, et elle rend la vie plus vaste — croyante ou pas, quelle que soit la réponse que tu portes.
Aller plus loin
Mon atelier en ligne La conscience et les programmations déplie tout ce chemin : les cinq approches de la recherche, les programmations qui nous façonnent, la manière dont notre conscience participe à notre réalité, la modification de la pensée, la cohérence neuro-cardiaque, la conscience collective, et une méditation profonde pour terminer.
Il se suit à ton rythme, avec un accès illimité pendant deux mois.
Et si la question t'accompagne depuis un moment, écris-moi ce qu'elle dépose en toi. Ces échanges nourrissent mes prochains textes, et mon livre.
Avec toi, Sylvie.





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